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J'ai tellement de choses que je pourrais dire
à propos de ma dernière session à Grasset, mais,
soit que je ne sais pas par où commencer, ou bien
je n'ai vraiment pas le temps à cause des 4 autres
projets avec lesquels je jongle.
L'équipe amputée; Les yeux de Marie, les visages
dans les couloirs et le dialogue par internet.
Voilà, en effet, deux réalités tout-à-fait différentes.
Les tournages; la maladie, Win98 qui ne fonctionne
plus; où est Richard; l'hiver, le réalisateur,
les chats, les " fucks ", la compression. Le métro.
Et puis, à part ça, c'était pas si mal.
Tellement de connaissances acquises. Trop de concepts
qui se sont dévoilés, des idées à ne plus en finir.
Si peu de temps ou de liberté de faire les choses
à quoi on pense. Il faut garder l'intérêt, la
concentration, le rythme, la forme physique pour
accomplir les mouvements... Laisser l'ordinateur
pour une heure ou deux quand ça fait plus que
7 h qu'on a passé devant . Exercices, Taibo, se
regarder dans le miroir pendant quelques instants,
prendre du soleil et boire beaucoup d'eau.
Ma révélation cette dernière session a débuté
durant les vacances de Noël quand j'ai commencé
à écouter des films par cable sur le Net. Dès
lors, ma curiosité aura été piquée. Je ne peux
pas vraiment vous dire ce à quoi j'ai pensé, pour
raison de copyright, mais disons que j'ai été
ébranlé.
Le concept était si grand devant moi que je ne
pense pas avoir réussi encore à le comprendre
pleinement. Juste pour dire que les possibilités
de l'internet m'ont presque fait peur. C'est environ
à ce moment la que j'ai eu la piqûre. Juste à
écouter les naked news , ou bien Netbroadcaster.com,
Downloader des émissions, écouter des vidéos,
Bruce Lee, des documentaires, des commerciaux.
En bref, Vive la connection par cable! La compression
aide beaucoup. Elle rend le travail à domicile,
une réalité très plaisante. Je me lève une heure
plus tard. J'allume tous les systèmes. Travaille
pendant quelques heures, déjeûne. Tout à ma portée.
Rien à chercher, musique.
Enfin, y faudrait faire une étude pour savoir
si ce concept crée des personnes anti-sociales
(d'expérience, vous devez me croire que oui),
mais néanmoins, jusqu'à maintenant, je dois dire
que je vote pour le travail à domicile. L'inspiration
y est. La concentration, ainsi qu'un liberté relative.
Faut dire que travailler de 7 à 10 h de temps
sur une chaise à regarder un écran n'est pas très
éprouvant physiquement, et ne transforme pas les
gens en athlètes. Il y a une diète à suivre si
quelqu'un a l'intention de se faire connaître
en tant que pratiquant du multimédia. Il ne faut
pas oublier non plus de laisser entrer du soleil
dans la pièce où se trouve le matériel.
Les E-mails sont rendus trop lents, il faut absolument
fonctionner par ICQ ou bien par MSN. C'est alors
que se pose un dilemme. La réalité se confond
au virtuel. Je pense que tu es l'alphabet qui
me fait une danse de gauche à droite. Les mots
et les émotions se traduisent et m'affichent des
réponses à mes questions et me font deviner le
trouble présent. Je me fâche à l'écran, la poussière
s'y colle pour me faire chier, tout simplement.
Je conceptualise à la vitesse de la lumière. J'ai
besoin de Visine pour me désaltérer. La course
sub-atomique brûle mes neurones.
Et puis y'a le deadline, où tout doit être parfait
pour un certain instant précis. Ensuite, l'avalanche
reprend. Je m'en retourne chez moi, pour assumer
le rôle de mon alter-ego.
Les «meetings» sont très frustrants pour moi.
Si il y a un synonyme plus exact pour décrire
la situation dans les réunions, je ne le connaîtrait
probablement jamais. Je ne pense pas qu'il y ait
une description plus appropriée qui pourrait décrire
les situations des réunions en général.
Au départ, lors des premières réunions, cela se
passait relativement bien. Richard était encore
là et les têtes-à-têtes se passaient sur St-Denis,
au second cup: en terrain neutre.
La tempête a l'extérieur. Les bottes et les flaques
d'eau. Le bruit des petites machines bruyantes.
L'humide nuage de vapeur qui tapisse les grandes
fenêtres. Au delà, dans le gel bruyant du boulevard,
la nuit durant le jour : le bleu foncé de quatre
heures. À notre table, y règne une espèce de solidarité
entre chaque individu. Le café et le thé sent
bon. Les idées font surface en une forme d'énergie
excitante. Le dernier semestre s'annonce pour
être très captivant et plein de possibilités.
Benoît, le "Real", crayon à la main, le papier
et le livre de photos. La petite table de marbre
en forme de cercle grouille sans cesse par ses
coups de crayon prononcés. Plus haut, les regards;
des petites explosions; un feu d'artifice biologique.
C'était intéressant de nous voir à l'oeuvre. On
essayait de se comprendre. De se mettre en accord.
Richard, l'idée originale. Benoît que je respectait
et essayait de connaître encore durant cette période,
amenait des pistes. On décidait de couleurs, d'idées
de composition, d'émotions a exploiter. Pour un
moment, la discussion était au sujet d'une lumière
et de son voyage dans le temps, pendant qu'à un
autre moment, une autre idée prenait forme.
Pourquoi ne pas décrire dans notre projet la communication
entre des élèves de Grasset du futur qui nous
envoient un message très avancé au point de vue
technologique, qui serait déguisé en lumière,
ou en cube lumineux suspendu au plafond et interactif.
L'internet des jours a venir, expliqué aujourd'hui.
Quel concept!
En même temps, d'une autre part, l'idée d'exploiter
plusieurs tableaux; tous unis et concentrés pour
la même ultime destination: le savoir original.
L'interface était supposé en être quasiment biologique.
Chaque personnage est visité et habité par une
entité qui aurait été la cause du Big Bang que
par son désir de s'évader de «l'avant Big-Bang» et vivre une existence tangible et unique. Je
dirais brillant, en demandant pardon pour mon
jeu de mots. L'idée était complète, et ce un mois
avant le début de la session.
Il y avait là tous les ingrédients. Par exemple,
l'opposition entre l'unité des 4 différents tableaux
et la solitude de la lumière errante était selon
moi, l'idée la base du projet que nous avons chercher
pendant le mois et demi qui a suivi. La lumière devait premièrement habiter chaque
individu dans le but de leur faire accomplir certaines
actions et par cela, connaître l'histoire dans
sa totalité. De plus, chaque individu qui est
possédé par la lumière, accompli sa propre destinée
et enseigne a l'utilisateur quelque chose d'informatif,
comme Françoise l'avait proposé. Pour cette direction du concept, Benoît avait
pensé d'emprunter quelques idées de base du livre
intitulé LE CUBE (je ne suis pas certain du
nom). Voici le concept: Chaque personnage évoluerais
dans son tableau et aurait la possibilité de s'emparer
d'un objet qu'il pourrait ramener dans un inventaire.
À la fin, lorsque tout est terminé, l'utilisateur
aurait 4 objets, tous un symbole qui, lorsque
mis ensemble, font jouer un vidéo explicative
pour l'utilisateur. Probablement a sujet informatif,
devrais-je bien spécifier. Je crois qu'on s'en
allait vers l'horoscope et l'analyse du soi intérieur par des symboles prédéterminés à cet
effet.
Les idées étaient géniales, selon moi. Ainsi que
réalisable pour une équipe dynamique, enthousiaste,
complète et au réalisateur avec un esprit ouvert
aux idées des autres participants. Et voilà pourquoi les rencontres devenaient de
plus en plus frustrantes de semaine en semaine.
Au départ, je n'y prêtait pas trop d'attention.
Le dernier semestre n'était pas encore commencé.
C'était déguelasse à l'extérieur et il neigeait
beaucoup, en plus de faire froid. Mais tout de
même, Noël approchait et tout le monde semblait
être contenté par ses vacances. La guerre n'était
pas encore commencée.
Je me souviens d'avoir été averti par rapport
à Benoit et son attitude dans un groupe.
De ce que j'avais entendu, il était très difficile
à convaincre de quoi que ça soit. Je trouvais
cela un peu bizarre, puisque j'avais été dans
son son équipe sans jamais rien entendre de ma
réalisatrice à ce propos. (sauf une ou deux fois,
mais rien qui aurait pu me préparer au événements
à venir). Enfin, J'avais pris note et m'apprêtait à me concentrer
et conceptualiser avec lui pour faire un projet
intéressant. Je me rappel lui parler et d'avoir
trouve en lui plusieurs bonnes qualités, malgré
que la plupart de ses idées provenaient d'uvres
déjà peintes et cataloguées dans les livres, films
et magazines. Je crois que le problème a été que
nous avions chaqun nos approches sur la méthode
à emprunter pour concevoir une oeuvre. Cela a
été une bonne raison pourquoi les choses ont seulement
marché de sa facon. Ça et le fait qu'il avait
été désigné réalisateur.
J'aimais bien discuter avec lui. Je croyais qu'il
y avait un artiste en lui, qui donnait des idées
pensées et attachées à une conviction, une émotion
forte. Il était préparé et mature. Il s'exprimait
de gestes, de dessins gribouillés parmi des notes
et d'un rire derrière une rangée de dents.
J'était prêt a travailler. Richard était le meilleur
programmeur et je le connaissais tout de même
un peu mieux, par son intérêt pour l'animation
et les jeux vidéos. Nos discussions étaient toujours
cordiales, de ce que je me souviens des sessions
antérieures. Et dans ces rencontres initiales
au Second Cup, il semblait très heureux et plein
de bonnes intentions, malgré que je remarquais
chez lui un léger manque de confort face au fait
que l'on tripotais son idée de base.
Il avait sa belle blonde au bras tout le long
de la réunion. Il buvait pratiquement de la même
tasse qu'elle. Au dessus de tout cela, les idées
revolaient. On riait des concepts trop farfelus,
ou impossibles à réaliser. Discussions très intenses
à ce que je me souviens. J'avais vraiment espoir
que tout allait se passer comme sur des roulettes.
J'était déterminé de faire tout ce qui était en
mon pouvoir pour rendre le projet une réalité.
Mon pouvoir, comme je me suis rendu compte, petit
à petit, s'est trouvé écrasé par mon manque de
couilles et la position de réalisateur inébranlable
que Benoît conservait. De la démocratie, peut
naître le fascisme. On n'a qu'a élire et donner
du pouvoir. L'oppression trouve le confort des
autres et s'en sert pour s'enrichir et s'accaparer.
Si le but de cette session a été d'assumer les
rôles prédéterminés et de simuler exactement les
conditions de travail en équipe avec toute leurs
propriétés et les lois qui s'y rattachent, je
dois dire que nous avons failli à cela en tant
qu'un unité. Le gros du problème a fait surface, sournoisement,
à mesure que la session s'affichait sur l'échéancier
(écrit par JC, je pense) et que l'énergie vitale
du départ se faisait moindre. Dans les rencontres
qui ont suivit, Richard a évidement changé d'attitude.
Il devenait moins constant et difficile à rejoindre.
Il avait l'air désespéré de ne pas pouvoir faire
de son tableau ce qu'il en avait conçu au tout
départ.
Les idées continuaient à se manifester sous toutes
formes. Benoît, durant les vacances, nous avait
demandé d'amener des idées, par rapport à ce qui
avait été discuté au Second Cup. J'ai conçu une
animation des quelques secondes, comme brouillon
à présenter aux autres. Au Second Cup, on avait
parlé que l'entité lumineuse provenait peut-être
d'une réalité où la lumière n'existe pas. Une
autre hypothèse avait été que la lumière était
une entité/transmission qui provenait d'une secte
religieuse sur une planète ou la lumière n'existerai
plus a cause d'un cataclysme. Cette secte, avait pour but de prévenir les planètes
voisines pour empêcher l'extinction de la lumière
chez eux. Enfin, j'avais crée cette animation
et je l'ai présentée à mes 3 coéquipiers chez
Benoît lors de la rencontre. De plus, j'avais
travaillé une interface, en me basant sur ce que
nous avions discuté.
Au départ, le projet devait être une installation.
L'utilisateur devait porter un casque avec une
lumière au devant, ce qui devait faire partir
un senseur ou quelque chose du genre. C'était
par contre unanime que le projet se transforme
pour le format cd-rom. Le format nous donnerait
la chance de plus facilement présenter à un employeur
ce fameux projet final. Il a fallu adapter. L'interface consistait de choisir le look de
l'utilisateur. J'avais travaillé cela et m'apprêtais
aussi à le présenter. Par contre, les idées que
nous avions eu auparavant n'étaient plus celle
qui seraient utilisées.
Nous étions quatre dans une petite chambre (celle
utilisée pour la chambre noire) devant un Mac
chez la blonde a Benoît. J'avais de quoi présenter
: Un CD , que je retire de mon sac et que je tends
a Benoît. Il l'insère dans son Mac et fait jouer
mon animation, qui est aussitôt refusée vu qu'elle
est maintenant hors contexte. L'interface ne devient pas non plus sujet de conversation.
Certains aspects historiques avaient étés amenés
pour embellir le projet. J'avais donc conçu un
vidéo durant le temps des fêtes. Dans ce vidéo,
des images choc d'évènements tragiques et historiques,
sur une musique de fond composée par moi même.
J'avais baptisé le tout INSANE et j'était inspiré
par le fait d'utiliser ce montage pour le projet.
Par contre, pour une raison dont je ne me souviens
plus, le vidéo ne convenait pas lui non plus et
il a fallu arrêter le vidéo en plein milieu, sans
autres commentaires. De son côté, Benoît présentait
une séquence vidéo qu'il avait empruntée d'un artiste,
dans laquelle un homme se promène sur l'écran
en suivant les désirs du curseur. Dans ces premières
réunions, Benoît avait aussi une séquence vidéo
dans laquelle était appliquée un filtre à l'image.
Pendant ce temps, je continuais a espérer pouvoir
me faire connaître par mon tableau. Pendant que
les autres essayaient encore de trouver une idée
pour leur tableaux, moi je me concentrais sur
des dessins et de la musique qui irait pour mon
tableau. Dès le départ, je savais ce que je voulais.
Mon concept était original, suivait le rythme
des autres tableaux et était facilement réalisable.
Le seul inconvénient, pour Benoît et JC était
que le décor était dessiné et que l'interface
n'était pas du vidéo interactif. Je ne me suis
pas laissé abattre par cela. De plus j'avais l'opinion
de certains profs que l'idée était bonne. Je me
suis donc décidé à ce moment que j'allais à tout
pris mettre mon tableau en évidence pour ne pas
subir la même réaction que pour les autres idées
que j'aurais amené jusqu'à date. Cela a crée les
frictions initiales dans le groupe, à mon avis.
Quelques semaines plus tard, avant le départ de
Richard, en réunion à la suite du cours de Katrine
Melançon, notre groupe était encore entrain
de discuter de l'origine de la lumière et de son
but et de ce qu'elle était supposée prouver et
apprendre a l'utilisateur. C'est environ durant ce temps la que j'ai commencé
a ressentir la rivalité et l'entêtement de Benoît.
J'ai perdu beaucoup de mon temps à attendre que
ce réalisateur se branche sur l'idée concrète
qui allait être utilisée pour bâtir les tableaux
et leurs histoires. J'ai du faire cela jusqu'a
la fin. Attendre. Benoît s'est bien amusé dans
son rôle de réalisateur. Il avait le pouvoir en
main et a décidé d'en faire ce qu'il en a fait.
Comme j'ai bien cité plus haut dans ce texte,
les idées, y'en manquait pas. Mais pour une raison
que j'ignore pas du tout, le groupe a pris beaucoup
trop de temps a se fixer dans l'histoire.
Pourquoi le concept de l'histoires a changé d'une
semaine à l'autre, je ne sais pas trop. Faudrait
demander au réalisateur. Personellement, cela ne
me derangeais pas trop. Nous avions chacun nos
tableaux a concevoir. En autant que l'on respectait
l'idée de la lumière qui habite les gens, tout
allait bien se passer. Mais l'idée de base ne venait toujours pas. Les
idées se faisaient palper et démolir par les différents
opinions. De très bonnes idées, je dois ajouter.
Aucune ne plaisaient au réalisateur. Une idée en
particulier à laquelle je tenais beaucoup, que
j'avais pensée, qui aurait pu expliquer tout au
sujet de la lumière et de son but, et qui aurait
pu sauver le groupe beaucoup de temps a aussi
été refusée.
L'idée était que la lumière entre en la personne
qu'elle visite. Dans le sub-conscient, la lumière
et l'utilisateur accomplissent une tâche en relation
au thème. A la fin de cette tâche, le cycle se
termine. Le personnage habité continu de rêver.
Dans cette dernière séquence, un autre Big Bang se produit dans le rêve du personnage habité.
De la, la création d'un nouvel univers. La lumière
s'échappe à nouveau et cherche encore sa destinée.
C'est ainsi que le cycle continu. La lumière s'échappe
du Big Bang, voyage, cherche son identité,
entre en contact avec un individu, accomplit une
tâche dans un tableau et par cela présente le
prochain tableau.
Tout y était... Méchant gros concept à plusieurs
niveaux. Il aurait été relativement facile de
développer ce concept et en faire quelque chose
d'extraordinaire. Quelques instants après, durant
la réunion, aucune mention de cette idée n'a été
faite par le réalisateur au prof.
Vous allez sans doute me demander pourquoi je
ne me suis pas levé debout durant la réunion pour
faire part de mon idée? Et bien, c'est parce que
j'était conscient de mon statut d'individu dans
un groupe et que je devais de respecter la décision
de ceux qui avaient été désignés pour prendre
les décisions en bout de ligne.
À la fin de ce cours j'ai fait part de ma déception
face au refus d'une autre de mes idées. Sans faire
trop d'impression. À la suite de cette journée,
j'ai commencé à perdre intérêt de vouloir plaire
à Benoit.. C'est ce que je fais la plupart du
temps lorsque je me trouve dans ce genre de situation.
C'est un genre d'automatisme en moi qui se met
en marche avant même que mon conscient ne se
rende compte que la situation devient ridicule
et sans espoir. Je change d'attitude. Non pas
parce que je perds confiance en mes capacités,
mais parce que je sens que les gens autours de
moi ne vont pas assez vite; qu'ils ne savent conceptualiser
à ma vitesse; qu'ils en valent pas la peine. Je
me replie et je considère ma situation et l'incompétence
qui s'acharne à bloquer mon chemin. Puis j'accepte
et je poursuis mon but et ma tâche à accomplir.
C'est un automatisme, un réflexe naturel. Je vois à l'avance; je ressens l'hypocrisie et cela me
fait réagir. Voilà une belle qualité. Elle va probablement
m'aider dans le futur proche à accomplir ce que
je rêve de faire. Enfin, si je réussis a rester
calme.
Maintenant, mon problème est de me concentrer
sur ce qui m'est arrivé durant la session et d'essayer
de voir comment j'aurais pu mieux me maîtriser
face au sarcasme éffronté de Benoît et a la soumission
de JC. Une chose qui me rend fièr et que j'ai
réussi à faire durant le projet, a été
d'accomplir mon travail no matter what!! J'ai toujours gardé un point de vue professionnel
face au travail que j'avais à faire. Ma rancune
envers Benoît et son incompétence, je l'ai gardée
en tout temps, enfouie en dedans (sauf une fois,
en classe quand il m'a ordonné d'être chez lui
le matin a 9h, pour préparer un tournage qui était
cédulé pour 13h30. Il refusait d'écouter l'avis
de son " gars de la vidéo " et cela m'avais réellement
frustré. Et une seconde fois ou j'suis alle me
plaindre a Francois.) Je n'avais pas le temps de causer plus de problèmes
que le groupe en avait déjà. Voilà pourquoi je
me suis donné a fond, malgré les problèmes. Parce
que malgré les apparences, mon but était celui
de JC. De faire ce qui était demandé. Il fallait à tout prix me rendre au bout de l'échéancier.
Et le fait que j'ai été capable de faire cela,
tout en me laissant bousculer par un réalisateur
sans vision, prouve que je suis digne plus que
tout autre du prestige qu'apporte la finalité
de ce projet. Non, désolé, s'il y en a un que
je ne pourrais jamais me prétendre être le supérieur,
c'est Jean-Christophe Monette. Sans lui rien n'aurait été possible. Il disait un
peu trop souvent oui au réalisateur", mais tout de
même, il a su garder un visage concentré et inaltérable
face aux déboires de l'équipe. C'est cela que
j'aurais aimé être capable de faire, de me prouver
a moi même : que malgré les frustrations et les
problèmes, j'aurais été capable d'être constant
et de m'appliquer à la tâche avec un sourire au
visage presque aussi vendeur que celui à Benoît.
Les jours à faire le tournage ont été
captivantes. Tout se passait comme sur des roulettes.
Je me sentais valorisé par mes actions.
On me laissait carte blanche et on écoutait
mes idées. La lumière du salon donnait
une ambiance adéquate à l'atmosphère
prédeterminée du tableau des yeux
de Marie. Les journées se passaient rapidement
et je me sentais très enthousiaste. Aucun
problème technique. L'actrice se sentais très
à l'aise. Par contre, les chats à Benoit causaient
leur part de trouble. A part mes allergies, les
chats ne semblaient pas se soucier de la camera.
Plus d'une séquence ont étés gachées
par les chats. Le montage, par la suite, se faisait
généralement vite. Choisir les bonnes prises et créer une séquence
en Tiff pour ensuite appliquer l'action Photoshop
que Benoit m'envoye. Le plus long était
de reconstituer les séquences en Tiff et
créer un Avi. Le résultat, avec la méthode que
j'utilisais, donnait de très gros fichiers.
Ça n'est que pour les séquences
finales que JC m'a devoilé les secrets
de QuickTime et une méthode beaucoup plus rapide.
Pendant quelques semaines, JC et moi avons essayé
d'utiliser After Effects pour reconstituer les
séquences Tiff en Avi. Mais sans succès.
Il a fallu même , pour les premières séquences,
que je gravedes CD avec les Tiffs et que
je les donne à Benoit pour qu'il les reconstitue
chez lui sur son Mac. La vidéo était très plaisante a tourner. Le plus long était
le reste.
La séquence où Benoit se transforme
en Bleu (le puzzle interactif) a requis beaucoup
de découpage. Lorsque j'ai crée
l'effet de la transformation du gris au bleu,
j'ai envoyé les Tiffs a JC. Il a appliqué
la lumière qui entre en Thomas et m'a renvoyé
la séquence pour que je crée le
puzzle avec un moule prédéterminé.
Les Yeux de Marie m'ont donne la chance de concevoir
des transitions et mes premiers effets vidéo.
J'ai beaucoup appris. J'aurais aimé pouvoir
faire un montage complet avec la musique de toutes
ces séquences.
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