Eric Mailhot | C.V. | Images | Photos | Videos | Music | Poetry | 3D | Web | Menu | Site Map

  Mot de la Fin  

J'ai tellement de choses que je pourrais dire à propos de ma dernière session à Grasset, mais, soit que je ne sais pas par où commencer, ou bien je n'ai vraiment pas le temps à cause des 4 autres projets avec lesquels je jongle.

L'équipe amputée; Les yeux de Marie, les visages dans les couloirs et le dialogue par internet. Voilà, en effet, deux réalités tout-à-fait différentes. Les tournages; la maladie, Win98 qui ne fonctionne plus; où est Richard; l'hiver, le réalisateur, les chats, les " fucks ", la compression. Le métro.

Et puis, à part ça, c'était pas si mal.

Tellement de connaissances acquises. Trop de concepts qui se sont dévoilés, des idées à ne plus en finir. Si peu de temps ou de liberté de faire les choses à quoi on pense. Il faut garder l'intérêt, la concentration, le rythme, la forme physique pour accomplir les mouvements... Laisser l'ordinateur pour une heure ou deux quand ça fait plus que 7 h qu'on a passé devant . Exercices, Taibo, se regarder dans le miroir pendant quelques instants, prendre du soleil et boire beaucoup d'eau.

Ma révélation cette dernière session a débuté durant les vacances de Noël quand j'ai commencé à écouter des films par cable sur le Net. Dès lors, ma curiosité aura été piquée. Je ne peux pas vraiment vous dire ce à quoi j'ai pensé, pour raison de copyright, mais disons que j'ai été ébranlé.

Le concept était si grand devant moi que je ne pense pas avoir réussi encore à le comprendre pleinement. Juste pour dire que les possibilités de l'internet m'ont presque fait peur. C'est environ à ce moment la que j'ai eu la piqûre. Juste à écouter les naked news , ou bien Netbroadcaster.com, Downloader des émissions, écouter des vidéos, Bruce Lee, des documentaires, des commerciaux. En bref, Vive la connection par cable! La compression aide beaucoup. Elle rend le travail à domicile, une réalité très plaisante. Je me lève une heure plus tard. J'allume tous les systèmes. Travaille pendant quelques heures, déjeûne. Tout à ma portée. Rien à chercher, musique.

Enfin, y faudrait faire une étude pour savoir si ce concept crée des personnes anti-sociales (d'expérience, vous devez me croire que oui), mais néanmoins, jusqu'à maintenant, je dois dire que je vote pour le travail à domicile. L'inspiration y est. La concentration, ainsi qu'un liberté relative. Faut dire que travailler de 7 à 10 h de temps sur une chaise à regarder un écran n'est pas très éprouvant physiquement, et ne transforme pas les gens en athlètes. Il y a une diète à suivre si quelqu'un a l'intention de se faire connaître en tant que pratiquant du multimédia. Il ne faut pas oublier non plus de laisser entrer du soleil dans la pièce où se trouve le matériel.

Les E-mails sont rendus trop lents, il faut absolument fonctionner par ICQ ou bien par MSN. C'est alors que se pose un dilemme. La réalité se confond au virtuel. Je pense que tu es l'alphabet qui me fait une danse de gauche à droite. Les mots et les émotions se traduisent et m'affichent des réponses à mes questions et me font deviner le trouble présent. Je me fâche à l'écran, la poussière s'y colle pour me faire chier, tout simplement. Je conceptualise à la vitesse de la lumière. J'ai besoin de Visine pour me désaltérer. La course sub-atomique brûle mes neurones.

Et puis y'a le deadline, où tout doit être parfait pour un certain instant précis. Ensuite, l'avalanche reprend. Je m'en retourne chez moi, pour assumer le rôle de mon alter-ego.
Les «meetings» sont très frustrants pour moi. Si il y a un synonyme plus exact pour décrire la situation dans les réunions, je ne le connaîtrait probablement jamais. Je ne pense pas qu'il y ait une description plus appropriée qui pourrait décrire les situations des réunions en général.

Au départ, lors des premières réunions, cela se passait relativement bien. Richard était encore là et les têtes-à-têtes se passaient sur St-Denis, au second cup: en terrain neutre.
La tempête a l'extérieur. Les bottes et les flaques d'eau. Le bruit des petites machines bruyantes. L'humide nuage de vapeur qui tapisse les grandes fenêtres. Au delà, dans le gel bruyant du boulevard, la nuit durant le jour : le bleu foncé de quatre heures. À notre table, y règne une espèce de solidarité entre chaque individu. Le café et le thé sent bon. Les idées font surface en une forme d'énergie excitante. Le dernier semestre s'annonce pour être très captivant et plein de possibilités.

Benoît, le "Real", crayon à la main, le papier et le livre de photos. La petite table de marbre en forme de cercle grouille sans cesse par ses coups de crayon prononcés. Plus haut, les regards; des petites explosions; un feu d'artifice biologique. C'était intéressant de nous voir à l'oeuvre. On essayait de se comprendre. De se mettre en accord. Richard, l'idée originale. Benoît que je respectait et essayait de connaître encore durant cette période, amenait des pistes. On décidait de couleurs, d'idées de composition, d'émotions a exploiter. Pour un moment, la discussion était au sujet d'une lumière et de son voyage dans le temps, pendant qu'à un autre moment, une autre idée prenait forme.

Pourquoi ne pas décrire dans notre projet la communication entre des élèves de Grasset du futur qui nous envoient un message très avancé au point de vue technologique, qui serait déguisé en lumière, ou en cube lumineux suspendu au plafond et interactif. L'internet des jours a venir, expliqué aujourd'hui. Quel concept!

En même temps, d'une autre part, l'idée d'exploiter plusieurs tableaux; tous unis et concentrés pour la même ultime destination: le savoir original. L'interface était supposé en être quasiment biologique. Chaque personnage est visité et habité par une entité qui aurait été la cause du Big Bang que par son désir de s'évader de «l'avant Big-Bang» et vivre une existence tangible et unique. Je dirais brillant, en demandant pardon pour mon jeu de mots. L'idée était complète, et ce un mois avant le début de la session.

Il y avait là tous les ingrédients. Par exemple, l'opposition entre l'unité des 4 différents tableaux et la solitude de la lumière errante était selon moi, l'idée la base du projet que nous avons chercher pendant le mois et demi qui a suivi. La lumière devait premièrement habiter chaque individu dans le but de leur faire accomplir certaines actions et par cela, connaître l'histoire dans sa totalité. De plus, chaque individu qui est possédé par la lumière, accompli sa propre destinée et enseigne a l'utilisateur quelque chose d'informatif, comme Françoise l'avait proposé. Pour cette direction du concept, Benoît avait pensé d'emprunter quelques idées de base du livre intitulé LE CUBE (je ne suis pas certain du nom). Voici le concept: Chaque personnage évoluerais dans son tableau et aurait la possibilité de s'emparer d'un objet qu'il pourrait ramener dans un inventaire. À la fin, lorsque tout est terminé, l'utilisateur aurait 4 objets, tous un symbole qui, lorsque mis ensemble, font jouer un vidéo explicative pour l'utilisateur. Probablement a sujet informatif, devrais-je bien spécifier. Je crois qu'on s'en allait vers l'horoscope et l'analyse du soi intérieur par des symboles prédéterminés à cet effet.

Les idées étaient géniales, selon moi. Ainsi que réalisable pour une équipe dynamique, enthousiaste, complète et au réalisateur avec un esprit ouvert aux idées des autres participants. Et voilà pourquoi les rencontres devenaient de plus en plus frustrantes de semaine en semaine. Au départ, je n'y prêtait pas trop d'attention. Le dernier semestre n'était pas encore commencé. C'était déguelasse à l'extérieur et il neigeait beaucoup, en plus de faire froid. Mais tout de même, Noël approchait et tout le monde semblait être contenté par ses vacances. La guerre n'était pas encore commencée.

Je me souviens d'avoir été averti par rapport à Benoit et son attitude dans un groupe. De ce que j'avais entendu, il était très difficile à convaincre de quoi que ça soit. Je trouvais cela un peu bizarre, puisque j'avais été dans son son équipe sans jamais rien entendre de ma réalisatrice à ce propos. (sauf une ou deux fois, mais rien qui aurait pu me préparer au événements à venir). Enfin, J'avais pris note et m'apprêtait à me concentrer et conceptualiser avec lui pour faire un projet intéressant. Je me rappel lui parler et d'avoir trouve en lui plusieurs bonnes qualités, malgré que la plupart de ses idées provenaient d'œuvres déjà peintes et cataloguées dans les livres, films et magazines. Je crois que le problème a été que nous avions chaqun nos approches sur la méthode à emprunter pour concevoir une oeuvre. Cela a été une bonne raison pourquoi les choses ont seulement marché de sa facon. Ça et le fait qu'il avait été désigné réalisateur.

J'aimais bien discuter avec lui. Je croyais qu'il y avait un artiste en lui, qui donnait des idées pensées et attachées à une conviction, une émotion forte. Il était préparé et mature. Il s'exprimait de gestes, de dessins gribouillés parmi des notes et d'un rire derrière une rangée de dents.

J'était prêt a travailler. Richard était le meilleur programmeur et je le connaissais tout de même un peu mieux, par son intérêt pour l'animation et les jeux vidéos. Nos discussions étaient toujours cordiales, de ce que je me souviens des sessions antérieures. Et dans ces rencontres initiales au Second Cup, il semblait très heureux et plein de bonnes intentions, malgré que je remarquais chez lui un léger manque de confort face au fait que l'on tripotais son idée de base.

Il avait sa belle blonde au bras tout le long de la réunion. Il buvait pratiquement de la même tasse qu'elle. Au dessus de tout cela, les idées revolaient. On riait des concepts trop farfelus, ou impossibles à réaliser. Discussions très intenses à ce que je me souviens. J'avais vraiment espoir que tout allait se passer comme sur des roulettes. J'était déterminé de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour rendre le projet une réalité. Mon pouvoir, comme je me suis rendu compte, petit à petit, s'est trouvé écrasé par mon manque de couilles et la position de réalisateur inébranlable que Benoît conservait. De la démocratie, peut naître le fascisme. On n'a qu'a élire et donner du pouvoir. L'oppression trouve le confort des autres et s'en sert pour s'enrichir et s'accaparer.


Si le but de cette session a été d'assumer les rôles prédéterminés et de simuler exactement les conditions de travail en équipe avec toute leurs propriétés et les lois qui s'y rattachent, je dois dire que nous avons failli à cela en tant qu'un unité. Le gros du problème a fait surface, sournoisement, à mesure que la session s'affichait sur l'échéancier (écrit par JC, je pense) et que l'énergie vitale du départ se faisait moindre. Dans les rencontres qui ont suivit, Richard a évidement changé d'attitude. Il devenait moins constant et difficile à rejoindre. Il avait l'air désespéré de ne pas pouvoir faire de son tableau ce qu'il en avait conçu au tout départ.

Les idées continuaient à se manifester sous toutes formes. Benoît, durant les vacances, nous avait demandé d'amener des idées, par rapport à ce qui avait été discuté au Second Cup. J'ai conçu une animation des quelques secondes, comme brouillon à présenter aux autres. Au Second Cup, on avait parlé que l'entité lumineuse provenait peut-être d'une réalité où la lumière n'existe pas. Une autre hypothèse avait été que la lumière était une entité/transmission qui provenait d'une secte religieuse sur une planète ou la lumière n'existerai plus a cause d'un cataclysme. Cette secte, avait pour but de prévenir les planètes voisines pour empêcher l'extinction de la lumière chez eux. Enfin, j'avais crée cette animation et je l'ai présentée à mes 3 coéquipiers chez Benoît lors de la rencontre. De plus, j'avais travaillé une interface, en me basant sur ce que nous avions discuté.

Au départ, le projet devait être une installation. L'utilisateur devait porter un casque avec une lumière au devant, ce qui devait faire partir un senseur ou quelque chose du genre. C'était par contre unanime que le projet se transforme pour le format cd-rom. Le format nous donnerait la chance de plus facilement présenter à un employeur ce fameux projet final. Il a fallu adapter. L'interface consistait de choisir le look de l'utilisateur. J'avais travaillé cela et m'apprêtais aussi à le présenter. Par contre, les idées que nous avions eu auparavant n'étaient plus celle qui seraient utilisées.

Nous étions quatre dans une petite chambre (celle utilisée pour la chambre noire) devant un Mac chez la blonde a Benoît. J'avais de quoi présenter : Un CD , que je retire de mon sac et que je tends a Benoît. Il l'insère dans son Mac et fait jouer mon animation, qui est aussitôt refusée vu qu'elle est maintenant hors contexte. L'interface ne devient pas non plus sujet de conversation. Certains aspects historiques avaient étés amenés pour embellir le projet. J'avais donc conçu un vidéo durant le temps des fêtes. Dans ce vidéo, des images choc d'évènements tragiques et historiques, sur une musique de fond composée par moi même. J'avais baptisé le tout INSANE et j'était inspiré par le fait d'utiliser ce montage pour le projet.
Par contre, pour une raison dont je ne me souviens plus, le vidéo ne convenait pas lui non plus et il a fallu arrêter le vidéo en plein milieu, sans autres commentaires. De son côté, Benoît présentait une séquence vidéo qu'il avait empruntée d'un artiste, dans laquelle un homme se promène sur l'écran en suivant les désirs du curseur. Dans ces premières réunions, Benoît avait aussi une séquence vidéo dans laquelle était appliquée un filtre à l'image.

Pendant ce temps, je continuais a espérer pouvoir me faire connaître par mon tableau. Pendant que les autres essayaient encore de trouver une idée pour leur tableaux, moi je me concentrais sur des dessins et de la musique qui irait pour mon tableau. Dès le départ, je savais ce que je voulais. Mon concept était original, suivait le rythme des autres tableaux et était facilement réalisable. Le seul inconvénient, pour Benoît et JC était que le décor était dessiné et que l'interface n'était pas du vidéo interactif. Je ne me suis pas laissé abattre par cela. De plus j'avais l'opinion de certains profs que l'idée était bonne. Je me suis donc décidé à ce moment que j'allais à tout pris mettre mon tableau en évidence pour ne pas subir la même réaction que pour les autres idées que j'aurais amené jusqu'à date. Cela a crée les frictions initiales dans le groupe, à mon avis.

Quelques semaines plus tard, avant le départ de Richard, en réunion à la suite du cours de Katrine Melançon, notre groupe était encore entrain de discuter de l'origine de la lumière et de son but et de ce qu'elle était supposée prouver et apprendre a l'utilisateur. C'est environ durant ce temps la que j'ai commencé a ressentir la rivalité et l'entêtement de Benoît. J'ai perdu beaucoup de mon temps à attendre que ce réalisateur se branche sur l'idée concrète qui allait être utilisée pour bâtir les tableaux et leurs histoires. J'ai du faire cela jusqu'a la fin. Attendre. Benoît s'est bien amusé dans son rôle de réalisateur. Il avait le pouvoir en main et a décidé d'en faire ce qu'il en a fait. Comme j'ai bien cité plus haut dans ce texte, les idées, y'en manquait pas. Mais pour une raison que j'ignore pas du tout, le groupe a pris beaucoup trop de temps a se fixer dans l'histoire.

Pourquoi le concept de l'histoires a changé d'une semaine à l'autre, je ne sais pas trop. Faudrait demander au réalisateur. Personellement, cela ne me derangeais pas trop. Nous avions chacun nos tableaux a concevoir. En autant que l'on respectait l'idée de la lumière qui habite les gens, tout allait bien se passer. Mais l'idée de base ne venait toujours pas. Les idées se faisaient palper et démolir par les différents opinions. De très bonnes idées, je dois ajouter. Aucune ne plaisaient au réalisateur. Une idée en particulier à laquelle je tenais beaucoup, que j'avais pensée, qui aurait pu expliquer tout au sujet de la lumière et de son but, et qui aurait pu sauver le groupe beaucoup de temps a aussi été refusée.

L'idée était que la lumière entre en la personne qu'elle visite. Dans le sub-conscient, la lumière et l'utilisateur accomplissent une tâche en relation au thème. A la fin de cette tâche, le cycle se termine. Le personnage habité continu de rêver. Dans cette dernière séquence, un autre Big Bang se produit dans le rêve du personnage habité. De la, la création d'un nouvel univers. La lumière s'échappe à nouveau et cherche encore sa destinée.
C'est ainsi que le cycle continu. La lumière s'échappe du Big Bang, voyage, cherche son identité, entre en contact avec un individu, accomplit une tâche dans un tableau et par cela présente le prochain tableau.

Tout y était... Méchant gros concept à plusieurs niveaux. Il aurait été relativement facile de développer ce concept et en faire quelque chose d'extraordinaire. Quelques instants après, durant la réunion, aucune mention de cette idée n'a été faite par le réalisateur au prof.
Vous allez sans doute me demander pourquoi je ne me suis pas levé debout durant la réunion pour faire part de mon idée? Et bien, c'est parce que j'était conscient de mon statut d'individu dans un groupe et que je devais de respecter la décision de ceux qui avaient été désignés pour prendre les décisions en bout de ligne.

À la fin de ce cours j'ai fait part de ma déception face au refus d'une autre de mes idées. Sans faire trop d'impression. À la suite de cette journée, j'ai commencé à perdre intérêt de vouloir plaire à Benoit.. C'est ce que je fais la plupart du temps lorsque je me trouve dans ce genre de situation. C'est un genre d'automatisme en moi qui se met en marche avant même que mon conscient ne se rende compte que la situation devient ridicule et sans espoir. Je change d'attitude. Non pas parce que je perds confiance en mes capacités, mais parce que je sens que les gens autours de moi ne vont pas assez vite; qu'ils ne savent conceptualiser à ma vitesse; qu'ils en valent pas la peine. Je me replie et je considère ma situation et l'incompétence qui s'acharne à bloquer mon chemin. Puis j'accepte et je poursuis mon but et ma tâche à accomplir. C'est un automatisme, un réflexe naturel. Je vois à l'avance; je ressens l'hypocrisie et cela me fait réagir. Voilà une belle qualité. Elle va probablement m'aider dans le futur proche à accomplir ce que je rêve de faire. Enfin, si je réussis a rester calme.

Maintenant, mon problème est de me concentrer sur ce qui m'est arrivé durant la session et d'essayer de voir comment j'aurais pu mieux me maîtriser face au sarcasme éffronté de Benoît et a la soumission de JC. Une chose qui me rend fièr et que j'ai réussi à faire durant le projet, a été d'accomplir mon travail no matter what!! J'ai toujours gardé un point de vue professionnel face au travail que j'avais à faire. Ma rancune envers Benoît et son incompétence, je l'ai gardée en tout temps, enfouie en dedans (sauf une fois, en classe quand il m'a ordonné d'être chez lui le matin a 9h, pour préparer un tournage qui était cédulé pour 13h30. Il refusait d'écouter l'avis de son " gars de la vidéo " et cela m'avais réellement frustré. Et une seconde fois ou j'suis alle me plaindre a Francois.) Je n'avais pas le temps de causer plus de problèmes que le groupe en avait déjà. Voilà pourquoi je me suis donné a fond, malgré les problèmes. Parce que malgré les apparences, mon but était celui de JC. De faire ce qui était demandé. Il fallait à tout prix me rendre au bout de l'échéancier. Et le fait que j'ai été capable de faire cela, tout en me laissant bousculer par un réalisateur sans vision, prouve que je suis digne plus que tout autre du prestige qu'apporte la finalité de ce projet. Non, désolé, s'il y en a un que je ne pourrais jamais me prétendre être le supérieur, c'est Jean-Christophe Monette. Sans lui rien n'aurait été possible. Il disait un peu trop souvent oui au réalisateur", mais tout de même, il a su garder un visage concentré et inaltérable face aux déboires de l'équipe. C'est cela que j'aurais aimé être capable de faire, de me prouver a moi même : que malgré les frustrations et les problèmes, j'aurais été capable d'être constant et de m'appliquer à la tâche avec un sourire au visage presque aussi vendeur que celui à Benoît.

Les jours à faire le tournage ont été captivantes. Tout se passait comme sur des roulettes. Je me sentais valorisé par mes actions. On me laissait carte blanche et on écoutait mes idées. La lumière du salon donnait une ambiance adéquate à l'atmosphère prédeterminée du tableau des yeux de Marie. Les journées se passaient rapidement et je me sentais très enthousiaste. Aucun problème technique. L'actrice se sentais très à l'aise. Par contre, les chats à Benoit causaient leur part de trouble. A part mes allergies, les chats ne semblaient pas se soucier de la camera. Plus d'une séquence ont étés gachées par les chats. Le montage, par la suite, se faisait généralement vite. Choisir les bonnes prises et créer une séquence en Tiff pour ensuite appliquer l'action Photoshop que Benoit m'envoye. Le plus long était de reconstituer les séquences en Tiff et créer un Avi. Le résultat, avec la méthode que j'utilisais, donnait de très gros fichiers. Ça n'est que pour les séquences finales que JC m'a devoilé les secrets de QuickTime et une méthode beaucoup plus rapide. Pendant quelques semaines, JC et moi avons essayé d'utiliser After Effects pour reconstituer les séquences Tiff en Avi. Mais sans succès. Il a fallu même , pour les premières séquences, que je gravedes CD avec les Tiffs et que je les donne à Benoit pour qu'il les reconstitue chez lui sur son Mac. La vidéo était très plaisante a tourner. Le plus long était le reste.
La séquence où Benoit se transforme en Bleu (le puzzle interactif) a requis beaucoup de découpage. Lorsque j'ai crée l'effet de la transformation du gris au bleu, j'ai envoyé les Tiffs a JC. Il a appliqué la lumière qui entre en Thomas et m'a renvoyé la séquence pour que je crée le puzzle avec un moule prédéterminé. Les Yeux de Marie m'ont donne la chance de concevoir des transitions et mes premiers effets vidéo. J'ai beaucoup appris. J'aurais aimé pouvoir faire un montage complet avec la musique de toutes ces séquences.